Corps en vitrine

Marketing sexuel : Quand la séduction devient une économie informelle au Gabon

Marketing sexuel : Quand la séduction devient une économie informelle au Gabon
Marketing sexuel : Quand la séduction devient une économie informelle au Gabon © 2026 D.R./Info241

Dans les rues, sur les réseaux sociaux et jusque dans les lieux de sociabilité les plus ordinaires, un phénomène s’impose de plus en plus : l’usage assumé du corps comme outil de promotion sociale et économique. Ce que certains observateurs qualifient désormais de « marketing sexuel » s’est progressivement installé comme une pratique banalisée, notamment chez une partie de la jeunesse féminine au Gabon.

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 Un corps pensé comme capital

La mode vestimentaire actuelle, marquée par des tenues très courtes ou moulantes, est perçue par certains comme une simple évolution des mœurs. Pour d’autres, elle s’apparente à une véritable stratégie de mise en valeur du corps, pensé comme un capital à exploiter. Jupes ultra-courtes, vêtements laissant apparaître dos, ventre ou cuisses, silhouettes soigneusement soulignées : le corps devient un message, une vitrine permanente, indépendamment du lieu ou du contexte social. Marchés, lieux de culte, rendez-vous galants ou simples déplacements quotidiens : cette esthétique de l’exposition semble désormais omniprésente, traduisant une volonté assumée de capter l’attention et de susciter le désir.

Dans ce jeu de séduction, certaines femmes adoptent une approche méthodique, comparable à des techniques de marketing relationnel. Les prétendants sont assimilés à des « prospects », les relations à des opportunités, et la stabilité financière devient un critère central. Restaurants huppés, soirées mondaines et événements prestigieux constituent alors des espaces privilégiés de rencontres. L’apparence, le langage corporel, l’attitude, le sourire et l’attention accordée deviennent autant d’outils destinés à séduire et à fidéliser. Pour les observateurs critiques, cette logique transforme la relation affective en transaction implicite, où l’intérêt matériel tend à prendre le pas sur le sentiment.

 L’explosion du marketing digital

Les réseaux sociaux ont largement amplifié le phénomène. Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok ou X sont devenus des vitrines permanentes où l’image est soigneusement travaillée. Filtres, mises en scène, chorégraphies, poses calculées : tout concourt à maximiser la visibilité et l’attractivité. TikTok, en particulier, s’impose comme la plateforme phare de cette exposition corporelle, où certaines vidéos frôlent la provocation assumée. Le corps y est présenté comme un produit à forte valeur ajoutée, destiné à capter l’attention, générer des interactions et parfois déboucher sur des sollicitations privées.

Le marketing sexuel n’est pas l’apanage des femmes. Certains hommes adoptent également des stratégies similaires, misant sur leur musculature, leur apparence ou une posture viriliste exagérée pour séduire. Dans les espaces sportifs, les lieux nocturnes ou sur les réseaux sociaux, le corps masculin est lui aussi exhibé comme argument de valeur, dans une logique de compétition symbolique.

 Vers une normalisation ?

Au-delà de la simple séduction, certains observateurs alertent sur une dérive plus profonde : la banalisation de l’hypersexualisation, y compris chez des personnes très jeunes sur les réseaux sociaux, ainsi que l’essor d’une économie parallèle liée à la pornographie et à la prostitution numériques via des plateformes de messagerie.

Dans une société marquée par le voyeurisme et la surconsommation de l’image, cette marchandisation du corps pose question. Si la communication et le marketing sont devenus des leviers incontournables de réussite sociale, leur dérive vers une sexualisation excessive interroge sur les valeurs, les repères et les modèles transmis aux nouvelles générations.

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