Front social

Grève des enseignants : « C’est tout ou rien », la base radicalise et reconduit son mouvement d’humeur

Grève des enseignants : « C’est tout ou rien », la base radicalise et reconduit son mouvement d’humeur
Grève des enseignants : « C’est tout ou rien », la base radicalise et reconduit son mouvement d’humeur © 2026 D.R./Info241

La tentative d’apaisement par le paiement partiel des vacations n’aura eu aucun effet. Ce samedi 10 janvier, la crise qui secoue l’école gabonaise a pris une nouvelle tournure. Réunis en Assemblée Générale à Libreville et dans l’arrière-pays, les enseignants membres du collectif S.O.S Éducation ont voté, à l’unanimité, la poursuite du mouvement de grève entamé le 5 janvier. Le fossé se creuse entre une base déterminée et une tutelle qui peine à convaincre.

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L’école gabonaise restera portes closes. Si le gouvernement espérait que le début du paiement des vacations et la réunion de concertation organisée la veille par la ministre Camélia Ntoutoume Leclercq suffiraient à calmer les esprits, la réponse du corps enseignant a été cinglante.

Moyen-Ogooué : Le ton est donné

C’est depuis la province du Moyen-Ogooué que la détermination des grévistes s’est faite le plus entendre. Au terme d’une assemblée générale tenue à la direction de l’académie provinciale, la décision a été sans appel : la grève continue. « Cette fois-ci, c’est tout ou rien », a martelé Daniel Akoma, enseignant de philosophie, résumant l’état d’esprit général des troupes. Pour ces agents, les mesures cosmétiques ne suffisent plus face à la précarité structurelle.

Une vue de l’assemblée générale à Libreville

Le malaise semble profond et dépasse la simple revendication salariale. Daniel Akoma, qui se présente comme un « stagiaire depuis cinq ans et précarisé », n’hésite pas à pointer du doigt la responsabilité des organisations syndicales traditionnelles dans cet échec collectif. « Cette grève est le symbole même d’un échec que l’on doit aussi attribuer aux syndicats. Ils ont depuis des années perdu toute légitimité », fustige-t-il. L’enseignant dénonce des « arrangements entre amis » au détriment de l’école et refuse l’argument de la « trêve sociale de la Transition », qu’il qualifie de mensonge pour justifier le mutisme des dernières années (depuis 2022).

Le dialogue de sourds persiste

Pourtant, la tutelle tente de manœuvrer. Vendredi, la ministre de l’Éducation Nationale avait réuni les partenaires sociaux pour tenter de garantir une reprise des cours. Mais sur le terrain, les revendications demeurent inchangées et non satisfaites :
-  Régularisation des situations administratives (notamment pour les stagiaires de longue date).
-  Meilleure gestion du système éducatif.
-  Amélioration substantielle des conditions de vie et de travail.

En reconduisant le mouvement, les enseignants envoient un signal fort : sans actes concrets sur ces dossiers de fond, le deuxième trimestre restera paralysé, prenant en otage élèves et parents qui assistent, impuissants, à ce bras de fer.

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