Insécurité

Oligui aux forces de sécurité : « Ceux qui nuisent à la sécurité des gabonais sont-ils plus forts que vous ? »

Oligui aux forces de sécurité : « Ceux qui nuisent à la sécurité des gabonais sont-ils plus forts que vous ? »
Oligui aux forces de sécurité : « Ceux qui nuisent à la sécurité des gabonais sont-ils plus forts que vous ? » © 2026 D.R./Info241

La traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de Nouvel An au palais présidentiel de Libreville a pris ce mercredi 7 janvier, des allures de convocation disciplinaire pour les Forces de défense et de sécurité (FDS). Devant l’état-major sécuritaire du pays, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, a fustigé un appareil jugé laxiste et inefficace face à une insécurité qui continue de miner le quotidien des Gabonais.

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Dressant un tableau sans complaisance, le chef de l’État a pointé une criminalité persistante, aussi bien dans le Grand Libreville que dans les localités de l’intérieur du pays. « L’insécurité demeure un défi majeur. Elle exige une réponse ferme, cohérente et efficace », a-t-il martelé, remettant frontalement en cause la capacité réelle des FDS à remplir leur mission régalienne.

Questions qui piquent, patience qui s’épuise

Loin des formules protocolaires habituelles, Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi l’interpellation directe. S’adressant aux responsables sécuritaires, il a lancé une série de questions qui sonnent comme un désaveu : « Ceux qui nuisent à la sécurité de nos concitoyens sont-ils plus forts que vous ? Sont-ils plus intelligents que vous ? Ou avez-vous peur d’eux ? » Autant d’interrogations qui traduisent une exaspération croissante au sommet de l’État face à la montée des actes de délinquance et de criminalité.

Le commandant en chef de la gendarmerie, Yves Barrassouaga, l’un des responsables indexés

Le chef de l’État a surtout voulu signifier que le temps des justifications est désormais clos. Dans un ton particulièrement tranchant, il a prévenu que « plus aucune excuse ne saurait désormais justifier la persistance de l’insécurité », une formule qu’il a répétée à plusieurs reprises, comme pour sceller la fin de toute forme de tolérance vis-à-vis de l’inaction, du laxisme ou des demi-mesures.

Message de fermeté aux délinquants… et aux forces censées les traquer

Le recadrage présidentiel ne visait pas seulement les hiérarchies policière et militaire. Brice Clotaire Oligui Nguema a également adressé un avertissement clair aux délinquants, criminels et auteurs de crimes de sang, en affirmant que « la Ve République ne reculera pas » face aux menaces qui pèsent sur la sécurité des personnes et des biens. En creux, le message est tout aussi net pour les forces de sécurité : elles seront jugées à l’aune de leur capacité à traduire cette fermeté en résultats concrets sur le terrain.

Une vue du personnel des FDS présent à cette cérémonie

Cette posture s’inscrit dans la continuité des engagements pris depuis l’avènement de la Ve République, où la restauration de l’autorité de l’État et la lutte contre toutes les formes de désordre figurent parmi les priorités affichées. Désormais, les FDS apparaissent en première ligne d’un contrat de performance sécuritaire que le chef de l’État entend rendre opposable à ceux qui en ont la charge.

La sécurité élevée au rang de droit sacré

Au-delà de la sévérité du ton, le président a tenu à replacer son propos dans une perspective républicaine et citoyenne. Rappelant que la sécurité ne saurait être considérée comme un avantage réservé à quelques privilégiés, il a insisté : « La sécurité n’est pas un privilège réservé à quelques-uns ; elle est un droit sacré pour tous ». Une manière de souligner que l’État sera jugé, lui aussi, sur sa capacité à garantir ce droit sur l’ensemble du territoire.

En refermant ce chapitre de vœux sur une note de fermeté assumée, Brice Clotaire Oligui Nguema a clairement transformé un rituel institutionnel en feuille de route sécuritaire. Reste désormais aux Forces de défense et de sécurité à démontrer, preuves à l’appui, qu’elles peuvent rompre avec les pratiques dénoncées et reprendre la main sur un terrain où l’impatience des citoyens n’a, elle non plus, plus droit à l’erreur.

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