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Suspension des réseaux sociaux au Gabon : Le PDG allié du régime, dénonce la méthode et craint le pire

Suspension des réseaux sociaux au Gabon : Le PDG allié du régime, dénonce la méthode et craint le pire
La porte-parole du PDG livrant le communiqué du secrétariat général du parti © 2026 D.R./Info241

Les réactions politiques à la suspension par la Haute autorité pour la communication (HAC) des réseaux sociaux continuent de pleuvoir au Gabon. Moins de 48h après l’annonce de cette mesure radicale assumée curieusement par la Présidence gabonaise qui en assure le service après-vente, voila que l’ancien parti au pouvoir, renversé le 30 aout 2023, se montre quant à lui mesuré. Allié du président Oligui Nguema depuis la chute de la famille Bongo, le Parti démocratique gabonais (PDG) de Blaise Louembé a dénoncé le 19 février dernier, la méthode employée et ses conséquences.

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Une méthode radicale à l’encontre des libertés constitutionnelles

L’ancien parti au pouvoir fustige la forme et le fond de la récente coupure des plateformes numériques. Par l’entremise de sa secrétaire générale, Angéline Ngoma, le parti démocratique gabonais a publié ce jeudi 19 février une déclaration incisive concernant la suspension générale des réseaux sociaux. La formation politique dénonce une mesure « annoncée à la surprise générale sur les antennes de la télévision nationale par le porte-parole de la haute autorité de la communication » le mardi 17 février. Face à cette méthode jugée brutale, le parti souligne que « cette décision suscite avant tout une réaction immanente à son bien-fondé et à sa légalité ».

Pour étayer sa critique, l’organisation rappelle aux nouvelles autorités que « les libertés publiques sont consacrées par l’article 14 de la constitution du 19 décembre 2024 ». Si elle admet volontiers qu’une entité administrative peut restreindre ces droits « lorsque des menaces à l’ordre public, à la cohésion nationale ou à la sécurité de l’État sont constatées », la direction du parti juge la méthode employée totalement disproportionnée. À ses yeux, le droit d’informer et de communiquer demeure fondamental et ne saurait être balayé par une coupure aveugle imposée à l’ensemble du territoire national.

Un cadre juridique ignoré au détriment de l’économie numérique

Plutôt que d’opter pour une censure généralisée, la formation politique rappelle qu’il existe « dans notre pays un corpus juridique clairement établi permettant de sanctionner de façon proportionnée les délits de fausses informations dites fake news et les actes de diffamation ». Bien que reconnaissant que certains usagers diffusent des contenus nuisibles à la moralité publique, le parti estime que la haute autorité de la communication aurait dû privilégier des actions ciblées. Il suggère d’ailleurs d’explorer « l’interdiction d’usage à certaines catégories de la population telles que les enfants et les adolescents », à l’image des politiques menées en France ou en Australie.

Le communiqué du PDG lue par la porte-parole Frédérique Eyang Beyeme

Le choix de cette méthode répressive globale soulève également l’incompréhension face aux ambitions de développement du pays. Le parti démocratique gabonais pointe une contradiction majeure dans un État « qui promeut la digitalisation de l’administration et des services publics et qui a fort judicieusement érigé un ministère de l’économie numérique ». La suspension paralyse en effet un vaste secteur d’activité professionnel et économique qui s’appuie au quotidien sur les outils digitaux, démontrant selon le parti « la faiblesse des dispositions prises à ce jour pour mieux réguler un secteur aussi dynamique ».

Le spectre d’une crise sociale aux conséquences incalculables

Mais c’est surtout l’absence de visibilité qui alarme l’ancien pouvoir, qui craint désormais le pire pour la stabilité du pays. Le parti exprime « toute sa perplexité à l’idée d’une suspension non seulement générale mais surtout non circonscrite dans le temps ». En appliquant une censure « jusqu’à nouvel ordre » , les responsables préviennent que « le parti redoute la montée d’une grogne sociale aux conséquences incalculables » . Ils brandissent le risque d’une explosion populaire, rappelant que de telles mesures ont déjà provoqué « des crises politiques incontrôlables » en suscitant la levée de boucliers de la jeunesse sous d’autres cieux.

Face au risque d’embrasement, la secrétaire générale plaide pour un retour urgent à la raison et à l’apaisement. L’organisation politique exhorte les autorités à réguler cet espace tout en garantissant scrupuleusement l’état de droit. En conclusion de son plaidoyer, le parti estime qu’il est impératif « que l’ensemble des gouvernés et des gouvernants cultivent l’esprit de dialogue et non d’invective, la tolérance non la répression systématique, la paix et non la violence », espérant ainsi éviter une véritable crise politique.

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