Cameroun : le Parlement valide la création controversée d’un poste de vice-président
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Réunis en congrès le samedi 4 avril, les députés et sénateurs camerounais ont officiellement adopté une modification majeure de la Constitution. Ce projet de loi, porté par l’exécutif, introduit la création d’un poste de vice-président au sein de l’architecture institutionnelle du pays. Si les contours exacts de cette nouvelle fonction stratégique restent encore à préciser, l’objectif affiché par les autorités est d’encadrer de manière stricte la succession à la tête de l’État en cas de vacance du pouvoir.
Cette adoption fait suite à des débats particulièrement houleux au sein de l’hémicycle. Dans les rangs de l’opposition et de la société civile, la critique se structure autour de la crainte d’un verrouillage antidémocratique, la députée Ngo Issi fustigeant notamment l’émergence d’un « héritier politique désigné ». En dehors du Parlement, l’opposant Maurice Kamto a dénoncé une « dérive grave », accusant le régime de préparer une succession sans recourir au suffrage populaire, tandis que le doyen du Sénat, Ze Nguele, a réclamé une définition claire des prérogatives de ce futur numéro deux de l’exécutif.
Face à cette levée de boucliers, le gouvernement assume pleinement une réforme qu’il juge indispensable pour l’avenir du pays. Le ministre de la Justice, Laurent Esso, a défendu une initiative destinée à améliorer le fonctionnement global des institutions de la République. Dans la même optique, Grégoire Owona a mis en exergue les bénéfices attendus de cette révision constitutionnelle, insistant fermement sur la nécessité de garantir la stabilité politique et la prévisibilité des transitions présidentielles pour parer à toute crise éventuelle.
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