Zimbabwe : Le président Mnangagwa allonge son mandat par un tour de passe-passe constitutionnel
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Le Sénat du Zimbabwe a adopté le mercredi 24 juin un projet de loi révisant la Constitution afin d’allonger le mandat présidentiel de cinq à sept ans, assurant ainsi le maintien à la tête de l’État d’Emmerson Mnangagwa bien au-delà du terme de son septennat actuel. Cette modification majeure a été approuvée par 75 sénateurs contre 4, dépassant allègrement la majorité des deux tiers requise. Ce succès s’apparente à un véritable tour de passe-passe politique pour la formation au pouvoir. La Zanu-PF ne disposant que de 33 sièges contre 27 pour l’opposition, elle a comblé cet écart en s’appuyant sur les votes de dix-huit chefs traditionnels, de deux représentants des personnes vivant avec un handicap, mais surtout sur les profondes divisions de ses adversaires.
En effet, ce texte décisif n’aurait pu être validé sans le soutien inespéré de sénateurs de la Coalition des citoyens pour le changement (CCC), une frange de l’opposition alignée sur Sengezo Tshabangu. Ce dernier, ayant pris le contrôle du parti après les élections de 2023 grâce à l’appui tacite du pouvoir en place et des tribunaux, a évincé des dizaines d’élus pour les remplacer par ses propres loyalistes. Face à ce verrouillage, seuls quatre sénateurs de l’opposition ont pu faire front contre le projet. Outre l’extension de la durée du mandat, la loi instaure un bouleversement démocratique majeur : le président de la République sera désormais élu par le Parlement et non plus au suffrage universel direct.
Arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État militaire ayant renversé l’ancien dirigeant Robert Mugabe en 2017, Emmerson Mnangagwa, aujourd’hui âgé de 83 ans, affiche depuis plusieurs mois sa volonté de prolonger son bail à la tête du pays. Si ses partisans justifient cette démarche en expliquant que ce temps supplémentaire lui permettra d’achever son programme et de garantir la stabilité politique de la nation, ses détracteurs dénoncent une manœuvre institutionnelle cousue de fil blanc. Pour les voix critiques, cette révision n’est qu’un « véhicule pour étendre son emprise sur le pouvoir », consacrant un peu plus la mainmise de l’exécutif sur les institutions zimbabwéennes.
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