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« Réguler pour protéger » : Christelle Koye défend la décision de la HAC face aux dérives numériques

« Réguler pour protéger » : Christelle Koye défend la décision de la HAC face aux dérives numériques
« Réguler pour protéger » : Christelle Koye défend la décision de la HAC face aux dérives numériques © 2026 D.R./Info241

Alors que le débat sur la suspension des réseaux sociaux divise l’opinion au Gabon, Nadia Christelle Koye, sénatrice du département de Mulundu (Ogooué-Lolo) prend le lead. Dans cette tribune pour Info241, l’élue défend la décision de la Haute autorité de la communication (HAC) comme une réponse nécessaire aux violences numériques et aux dérives informationnelles qui, selon elle, menacent la cohésion sociale et l’autorité de l’État. Pour elle, il ne s’agit pas de restreindre la liberté d’expression, mais de restaurer l’ordre public et de protéger les citoyens face à ce qu’elle qualifie de « jungle numérique ». Lecture.

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Une sagesse Nzebi dit que, lorsque tu vois la case de ton voisin brûler, aide-le à éteindre le feu avant que les flammes ne se propagent chez toi. Cet aphorisme traduit l’impérieuse nécessité de résorber les dérives numériques avant qu’elles ne détruisent le vivre-ensemble et la cohésion sociale.

Depuis longtemps, des interpellations sont faites sur l’absence de contrôle, de régulation et de responsabilisation dans l’usage des réseaux sociaux. Ces alertes se sont heurtées au mutisme coupable des autorités compétentes. Elles se sont également heurtées au silence hypocrite d’une opinion insensible aux cris de détresse, au désespoir et à la honte des personnes abusivement jugées dans un tribunal numérique sans règles, qui condamne à la mort sociale et professionnelle des citoyens impuissants face à la dictature des « j’aime ».

Attention : il ne s’agit pas ici de remettre en cause l’utilisation saine des réseaux sociaux, qui permettent à des milliers de personnes d’exercer des activités professionnelles lucratives. Il ne s’agit pas non plus d’occulter le fait que ces plateformes constituent un substrat indéniable de la sociabilité des Gabonais. Il ne s’agit pas davantage de méconnaître l’incidence économique majeure de l’économie numérique.

Mais il ne s’agit pas non plus de disculper les méfaits des violences numériques.

Ces violences sont quotidiennes, évidentes, dégradantes, humiliantes, sectaires et parfois meurtrières. Elles troublent l’ordre public et violent la loi fondamentale, notamment son article 11, qui dispose que « chaque citoyen a le droit à la vie, au libre développement de sa personnalité, au respect de sa dignité et de son intégrité physique et morale… Toutes formes de tortures, de peine ou de traitement cruel, inhumain ou dégradant sont interdites. »

Et pourtant, ces traitements cruels, inhumains ou dégradants sont perpétrés chaque jour dans l’indifférence totale et hypocrite de l’opinion. C’est même devenu un spectacle gratuit auquel plusieurs participent avec délectation, à coups de « likes » et de partages.

Un spectacle qui expose les institutions de la République à des scènes dégradantes. Un spectacle qui fragilise l’autorité de l’État. Un spectacle qui inflige des traitements humiliants aux notables, aux familles, aux enfants, aux victimes impuissantes.

Le tout au mépris de nos valeurs républicaines et morales, au nom d’une liberté d’expression devenue, pour certains, un alibi à la violence numérique.

Oui, la décision de la Haute Autorité de la communication (HAC) est venue siffler la fin d’un jeu sans règles.

Un jeu dangereux où l’espace public est élargi au-delà de nos frontières sans aucune responsabilité. Un jeu où la reconnaissance médiatique devient l’enjeu et justifie la diffusion d’informations souvent erronées ou non conformes. Un jeu où l’impunité nourrit les dérives et où les auteurs de crimes et délits numériques échappent trop souvent à toute responsabilité pénale.

Cette décision de la HAC est douloureuse, par son contenu et par sa brutalité. Mais elle a vocation à rétablir l’ordre public.

Elle permet à la puissance publique de reprendre le contrôle de cette jungle numérique, d’y mettre de l’ordre afin de respecter les dispositions de l’article 14, alinéa 5, de la Constitution, qui dispose que « la loi encadre l’usage de l’informatique et des technologies de l’information et de la communication pour sauvegarder l’humanité, l’intimité personnelle des personnes ainsi que le plein exercice de leurs droits. »

En conséquence, il faut agir vite pour réguler, contrôler et protéger les citoyens et l’État contre les dérives numériques, et faire face à la manipulation hostile de l’espace informationnel numérique.

Nadia Christelle KOYE, sénatrice du département de Mulundu

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