Port-Gentil : Vaste coup de filet contre la pêche illégale, 244 raies et une tortue verte saisies
La lutte contre le braconnage halieutique dans les eaux gabonaises vient une nouvelle fois de démontrer l’ampleur des menaces pesant sur le patrimoine marin national. Entre le 1er et le 5 juin, lors d’une importante opération de surveillance déployée dans la province de l’Ogooué-Maritime, les agents de contrôle ont mis la main sur 244 raies, appartenant majoritairement à des espèces intégralement protégées, ainsi qu’une tortue verte.
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Cette mission de terrain, pilotée par le ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue avec l’appui technique de l’organisation WildAid, s’inscrivait dans le cadre d’une formation pratique destinée à 17 agents. En l’espace de seulement cinq jours de patrouille, ces derniers ont pu constater de visu une série d’infractions graves : défaut d’autorisation, usage d’engins prohibés et exploitation délibérée de zones marines sanctuarisées.
Un péril persistant pour les espèces vulnérables
La découverte de cette lourde cargaison illicite suscite une vive inquiétude chez les spécialistes de la conservation. Les raies, dont le cycle de reproduction est particulièrement lent, figurent parmi les espèces les plus vulnérables à la surexploitation. Leur rôle est pourtant capital dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes sous-marins. La capture simultanée d’une tortue verte, animal emblématique également sous stricte protection, illustre le mépris total des braconniers pour la réglementation en vigueur.
Au cœur de ce trafic, les autorités ont une nouvelle fois identifié des pêcheurs d’origine béninoise opérant illégalement dans les eaux territoriales. Ce scénario rappelle tristement l’opération « Espadon » menée en 2021 dans l’aire marine protégée d’Iguéla, qui s’était déjà soldée par l’interpellation de 29 ressortissants de ce pays, dont plusieurs en situation irrégulière. Un précédent qui avait mis en lumière l’existence de réseaux clandestins solidement structurés pour piller les ressources halieutiques.
L’urgence d’une réponse judiciaire implacable
Cinq ans après ce coup de semonce, et malgré la multiplication des campagnes de sensibilisation, les mêmes délits se répètent sur le terrain. Pour les autorités compétentes, l’argument de l’ignorance est irrecevable. Les professionnels de la mer connaissent pertinemment l’obligation de relâcher immédiatement toute prise accidentelle d’espèce protégée. La conservation et le transport de ces centaines de raies à bord des embarcations traduisent donc une violation assumée de la loi à des fins mercantiles.
Face à ce pillage qui sape les efforts colossaux d’investissement du pays dans la préservation de son littoral, le ton se durcit. De nombreux observateurs et défenseurs de l’environnement exigent désormais l’application de sanctions exemplaires pour dissuader les récidivistes. Au-delà des saisies, des poursuites judiciaires systématiques, des amendes véritablement dissuasives, la confiscation des navires et l’expulsion des contrevenants étrangers en situation irrégulière apparaissent comme les seules réponses viables pour protéger durablement ce trésor marin destiné aux générations futures.
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