Oyem : Une fillette de 4 ans périt dans un incendie, les délestages et l’enclavement pointés du doigt
L’émoi est toujours immense au quartier Adjougou, dans le 2e arrondissement d’Oyem (Woleu-Ntem, nord du Gabon). Dans la nuit du lundi 2 au mardi 3 février, un violent incendie a ravagé une habitation, emportant avec lui la vie de la petite Christina Obone, âgée de seulement 4 ans. Ce drame, survenu sur fond de coupures d’électricité récurrentes, relance le débat sur la sécurité et les infrastructures dans le chef-lieu du Woleu-Ntem.
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Un drame de trop
Selon les premières constatations de la brigade centre de la gendarmerie d’Oyem, confirmées par le procureur de la République près le tribunal de première instance, Raphaël Mangouka, l’incendie serait d’origine accidentelle. Une bougie utilisée comme source d’éclairage, en raison de l’absence d’électricité, serait à l’origine du feu. Déclaré en pleine nuit, alors que les occupants dormaient, l’incendie s’est propagé très rapidement à l’ensemble de la maison, composée de plusieurs chambres. Les flammes ont piégé une partie de la famille avant l’arrivée des secours.
La jeune Christina Obone, âgée de seulement 4 ans, n’a pas pu être secourue à temps. Deux autres victimes ont été blessées : Joanne Mengue Mba, tante de l’enfant, ainsi que sa fille, Elyse Nseghe Benga. D’après plusieurs témoignages, des voisins sont intervenus malgré l’intensité du feu et ont réussi à évacuer d’autres occupants. Leur intervention a permis d’éviter un bilan plus lourd.
Une bougie et une bouteille de gaz en cause
Des riverains indiquent que le feu serait parti d’une chambre où dormaient les enfants, avant de gagner le reste de l’habitation. Une explosion de bouteille de gaz domestique, survenue peu après le départ de feu, aurait aggravé la situation. Cette déflagration aurait accéléré la propagation des flammes et rendu les tentatives de sauvetage plus dangereuses. L’ampleur des dégâts confirme la violence de l’embrasement.
Si la piste accidentelle est, à ce stade, privilégiée par les enquêteurs, de nombreux habitants d’Adjougou pointent les délestages récurrents qui touchent Oyem depuis plusieurs mois. Privées d’électricité, parfois durant plusieurs jours, des familles recourent à des moyens d’éclairage de fortune, notamment bougies et lampes à pétrole. Dans des logements précaires, ces pratiques augmentent fortement le risque d’incendie domestique. Les riverains demandent des mesures immédiates.
Alertés, les sapeurs-pompiers se sont rendus sur les lieux, mais leur intervention a été compliquée par l’état dégradé des voies d’accès, peu adaptées aux engins de secours. À leur arrivée, l’habitation était déjà largement détruite. Au-delà du drame humain, ce sinistre relance le débat sur la précarité de l’habitat, l’insuffisance des infrastructures urbaines et l’irrégularité de la fourniture d’électricité. À Oyem, l’émotion est vive, et l’attente de réponses publiques, urgente.
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