Crise à la Fegafoot : Pablo Moussodji Ngoma fustige la décision « populiste » de Paul Kessany de bloquer l’élection
L’annulation ce lundi de l’assemblée générale élective de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), initialement prévue pour le samedi 18 avril à Mouila, continue de faire des vagues. Pablo Moussodji Ngoma, journaliste et agent médias de l’équipe sortante du président Pierre Alain Mounguengui, a publié ce mercredi une tribune au vitriol dénonçant ce qu’il considère comme une manœuvre grossière de la tutelle. Selon lui, le ministre des Sports Paul Kessany a instrumentalisé l’absence d’un simple agrément technique pour paralyser volontairement le processus électoral.
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L’auteur rappelle que la fédération attendait la délivrance de ce document depuis le 3 mars dernier, après avoir pourtant obtenu le récépissé du ministère de l’Intérieur. Il accuse ouvertement le ministre des Sports, Paul Kessany, d’avoir cédé aux sirènes de l’opinion publique pour satisfaire les partisans d’une alternance à la tête de l’institution. « L’administration étant impersonnelle, la gestion d’un tel département doit se départir de tout populisme et passion passive », assène-t-il, fustigeant des intentions inavouées cachées derrière un argumentaire administratif jugé fragile.
Le spectre de la Fifa et le patriotisme de Mounguengui
La décision du gouvernement n’est pas sans risque sur le plan international. Pablo Moussodji Ngoma met en garde contre la frontière particulièrement mince entre la volonté de régularisation administrative prônée par l’État et l’ingérence politique pure et simple. Une ligne rouge surveillée de près par la Fédération internationale de football association (Fifa), qui pourrait, selon lui, réagir en prolongeant tout simplement le mandat de Pierre Alain Mounguengui jusqu’en décembre prochain afin d’encadrer la suite des événements.
Dans ce climat délétère, le communicant tient à saluer l’attitude républicaine du président sortant. Malgré les griefs soulevés contre lui et l’entrave de la tutelle, Pierre Alain Mounguengui a délibérément choisi de ne pas saisir la Fifa pour dénoncer cette ingérence interne, évitant ainsi à son pays de lourdes sanctions internationales. « Il a toujours préservé les intérêts de son pays. Dieu seul sait que ce ne sont pas les occasions qui ont manqué », souligne l’auteur, appelant à faire taire les discours haineux au profit de la culture du fair-play.
L’incohérence de la tutelle face aux réalités du terrain
La critique la plus sévère de cette tribune pointe le paradoxe flagrant des décisions du ministère. Si le manque de conformité administrative justifie à lui seul le blocage d’une assemblée générale élective, le journaliste s’interroge sur les raisons pour lesquelles le championnat national continue de se jouer avec des clubs tout aussi dépourvus de documents légaux. Il note avec ironie que les équipes nationales sortent et consomment de l’argent public sous l’autorité de ce même ministre, alors que la fédération est soudainement qualifiée de structure "sans papiers".
Poussant la logique gouvernementale jusqu’à son terme, Pablo Moussodji Ngoma estime que la tutelle devrait logiquement suspendre le championnat en cours et interdire l’inscription des clubs gabonais aux compétitions internationales. « Si assainir était une priorité, il fallait surseoir à toutes les activités avant d’arriver aux élections », argumente-t-il. Une démonstration rigoureuse visant à prouver que cette mesure d’interdiction est en réalité « taillée sur mesure » pour faire barrage au bureau sortant.
Voici l’intégralité de cette tribune :
LE MINISTÈRE DES SPORTS ET LA DIFFICULTÉ DE DEFENDRE À TERME FACE À LA FIFA, UNE RAISON DE RÉGULARISATION INTERNE
Tout le monde le sait, la FEGAFOOT attendait son agrément technique depuis le 3 mars après avoir reçu le duplicata du récépissé du Ministère de l’intérieur.
Malheureusement, ce document, jadis banal et gratuit délivré par le Ministère des sports, s’est transformé en précieux sésame pour bloquer le processus électoral.
Derrière les maux, se cachent forcément les intentions inavouées.
Mais sortons de toute bipolarisation émotionnelle pour analyser sans complaisance les positions de la tutelle.
D’emblée, Paul KESSANY, honnêteté intellectuelle oblige, a sûrement marqué un vrai coup de communication en phase avec une bonne tendance de l’opinion publique et tous les partisans de l’alternance.
Même si, l’administration étant impersonnelle, la gestion d’un tel département doit se départir de tout populisme et passion passive.
Surtout que l’État ne doit pas façonner une opinion sur les bases fragiles.
Mais, en s’appuyant sur l’argument de la faiblesse administrative des associations, cela trahit en même temps, les errements d’un Ministère des sports qui a perdu le contrôle de sa gouvernance. Les conseillers qui induisent les Ministres.en erreur sont toujours là.
Et Dr LONGO, Ministre sortante des sports, voulait tout corriger en prônant pour la cartographie des associations avec pour but, d’avoir un fichier scientifique et savoir le nombre des licenciés et tout ce qui s’en suit.
Aucune épée de damocles ne pesait sur personne à ce stade, une démarche nourrie d’une approche pédagogique.
Malheureusement, la tonalité est montée, les changements intervenus au Ministère des sports ont donné une autre connotation à une simple régularisation administrative.
Aujourd’hui, la sortie du Ministre des sports et les arguments avancés interrogent en toute lucidité les férus du football.
La FIFA n’a pris aucune position officielle, même si on peut soupçonner la prudence dans un texte qui évite toute notion d’ingérence. Mais la frontière est mince au regard du contexte.La FIFA devra encadrer la suite des événements comme la poursuite du mandat de PAM à la tête de la Fédération jusqu’en décembre 2026.
La normalisation souhaitée s’est transformée en régularisation.
Encore que la normalisation est une compétence de la FIFA et non du Ministère contrairement à l’approche des conseillers de circonstance.
Pierre Alain MOUNGUENGUI au-delà de tous les griefs contre lui, n’a jamais écrit à la FIFA pour contester une ingérence interne. Il a toujours préservé les intérêts de son pays.Dieu seul sait que ce ne sont pas les occasions qui ont manqué.
Il devra faire preuve de hauteur et entendre les sons, certes dispersés de la grande famille du football, pour une paix de braves qui fera triompher le football seulement. Les discours haineux n’ont pas de place là où la culture du fair-play a accompagné les carrières.
Le seul argumentaire administratif de la tutelle clos en principe le débat, sans écueils sur les questions juridiques posées par les juristes du camp adverse.
C’est là où la fragilité de la prise de parole publique peut interroger sur toutes les actions menées comme le langage de la rue pour se faire entendre.
Il suffisait seulement que le Ministre des sports pose sa signature sur l’agrément technique qui n’a pour rôle que d’encadrer les activités sportives pour que la sérénité revienne.Finalement, c’est le seul papier qui manque au dossier de la FEGAFOOT.
Et pourtant, la tutelle avait permi aux différentes entités de se conformer. Sans avoir fait le point d’une telle opération qui impliquait même les gouverneurs des provinces, voilà que le guichet unique est ouvert.
Il n’est pas anodin de relever que le championnat se joue avec les clubs sans papiers, les équipes nationales sont sorties sous l’autorité du Ministre actuel sans papiers. C’est sans doute ici où est utilisé l’argent public et qui devrait susciter l’attention des gouvernants.
Si assainir était une priorité, il fallait surseoir à toutes les activités avant d’arriver aux élections.
Une assemblée générale est une activité classique d’une association. Si elle n’etait pas élective avec tous les enjeux derrière, la tutelle aurait-elle arrêté les travaux ?
La prochaine mesure serait sans doute, la suspension du championnat irrégulier. La Fédération sans papiers ne pourra pas non plus inscrire les clubs sans papiers aux compétitions internationales.
Voilà toutes les conséquences des décisions « taillées sur mesure ». Il faut un minimum de cohérence quand on est au service de l’État. Comme disent les journalistes, la tutelle doit défendre son angle face à la FIFA dans un débat à mon sens achevé.
Car, les solutions sont internes.
Les plus téméraires, loin des sorties jubilatoires voire opportunistes de certains clubs, pourraient se demander au soir des élections, tout ça pour ça ?
Pablo MOUSSODJI NGOMA, Journaliste
@info241.com
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