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Conclave gouvernemental

CdM du 30 avril 2026 : Oligui Nguema lance son an 2 des résultats, 32 grandes mesures prises

CdM du 30 avril 2026 : Oligui Nguema lance son an 2 des résultats, 32 grandes mesures prises
CdM du 30 avril 2026 : Oligui Nguema lance son an 2 des résultats, 32 grandes mesures prises © 2026 D.R./Info241

À trois jours du premier anniversaire de la prestation de serment de Brice Clotaire Oligui Nguema, le 3 mai, un conseil des ministres s’est tenu autour du président gabonais ce jeudi 30 avrill. L’exécutif a ouvert une nouvelle séquence politique : celle du bilan, de la discipline administrative et de l’obligation de résultats. Le communiqué final parvenu à Info241 conclut l’esprit de la séance par une formule forte : « l’An 2 sera celui du passage de la refondation à la preuve ».

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Le chef de l’État a revendiqué un premier bilan marqué par la reconstitution de l’architecture institutionnelle, la restauration de la crédibilité internationale du Gabon, l’amorce d’une reconquête de souveraineté économique et la réhabilitation progressive de la justice. Mais il a aussi reconnu des insuffisances majeures : réformes administratives encore partielles, soutenabilité budgétaire fragilisée par l’endettement, équilibres institutionnels à consolider et impact social encore limité sur l’emploi, le pouvoir d’achat et les conditions de vie des Gabonais.

Le message aux ministres : résultats, discipline et attractivité

Dans ce contexte, Brice Clotaire Oligui Nguema a durci le ton face au gouvernement. Il a exigé des ministres une mobilisation plus offensive, notamment en matière d’attractivité économique et de promotion des investissements. Le Forum international de Libreville, prévu le 3 mai 2026, doit servir de vitrine, mais le chef de l’État a instruit le gouvernement de relancer sans délai le Haut Conseil de l’Investissement, afin de faire de l’amélioration du climat des affaires une démarche permanente, structurée et mesurable.

Le président a aussi placé l’administration sous pression. Chaque responsable public devra désormais être évalué sur des objectifs précis, tandis que les nominations ne devront plus être perçues comme des récompenses, mais comme des responsabilités. Dans le parapublic, les établissements publics, sociétés d’État et sociétés d’économie mixte devront signer des contrats pluriannuels de performance. Le chef de l’État a également rappelé l’incompatibilité entre les fonctions ministérielles et la présidence d’un conseil d’administration d’une entité publique ou parapublique.

Instruction présidentielle Objet Effet attendu
Relance du Haut Conseil de l’Investissement Améliorer durablement le climat des affaires Attirer davantage d’investissements
Évaluation des responsables publics Fixer des objectifs précis et mesurables Installer la culture du résultat
Contrats de performance dans le parapublic Encadrer les établissements publics et sociétés d’État Renforcer la redevabilité
Incompatibilité ministérielle avec les PCA Clarifier la gouvernance publique Réduire les conflits d’intérêts

Le bilan normatif : 16 textes sur la table

Sur le plan normatif, le Conseil a examiné 16 textes législatifs et réglementaires, soit 8 projets de loi et 8 projets ou décrets. Ces mesures couvrent des secteurs stratégiques : Transgabonais, Transgabonaise, dette publique, décentralisation, défense, diplomatie, PNCD 2026-2030, Médiateur de la République, Iboga, tenue africaine dans l’administration et réforme des statuts de la CNSS. Ce volume traduit la volonté de donner une ossature juridique à l’an 2 des résultats.

Nature des mesures Nombre Principaux domaines concernés
Projets de loi 8 Défense, diplomatie, PNCD, Médiateur de la République, dette
Projets ou décrets réglementaires 8 Transgabonais, collectivités locales, Iboga, tenue africaine, CNDP, Transgabonaise, CNSS
Total des textes examinés 16 Gouvernance, infrastructures, souveraineté, développement, finances publiques

Les infrastructures : Transgabonais et Transgabonaise en priorité

Les infrastructures et la dette figurent parmi les dossiers majeurs. Le Conseil a approuvé l’avenant n° 4 à la convention de concession du Transgabonais et autorisé l’État à contracter un emprunt de 173 millions d’euros auprès de l’Agence française de développement, complété par une subvention européenne de 30 millions d’euros, pour financer le Programme de modernisation et de sécurisation du chemin de fer. Il a aussi approuvé le contrat consolidé de la Transgabonaise, notamment sur les tronçons Libreville-Nsilé et Libreville-Kango, tout en créant le Comité national de la dette publique pour mieux encadrer les emprunts, garanties, restructurations et renégociations.

Dossier Mesure prise Montant ou périmètre
Transgabonais Approbation de l’avenant n° 4 et financement du PMS 173 millions d’euros d’emprunt AFD, plus 30 millions d’euros de subvention européenne
Transgabonaise Approbation du contrat consolidé Libreville-Nsilé, du PK 12 au PK 105 ; Libreville-Kango, du PK 12 au PK 95
Dette publique Création du CNDP Contrôle des emprunts, garanties, restructurations et renégociations

Les institutions : collectivités, médiation et planification

Le Conseil a également adopté des textes à forte portée institutionnelle et territoriale. La fonction de chef de quartier est désormais encadrée juridiquement dans les communes, avec des conditions d’accès précises et un mandat de cinq ans renouvelable. Une première phase de transfert irréversible de compétences de l’État vers les collectivités locales est engagée, sans transfert de moyens financiers, dans des domaines allant de la police municipale à la planification territoriale.

Le PNCD 2026-2030 est présenté comme la boussole de l’action publique, autour de trois axes : consolidation des prérequis au développement, transformation économique accélérée et prospérité partagée. Le Médiateur de la République, Défenseur des droits, doit renforcer la protection des citoyens face aux dysfonctionnements des services publics et replacer cette autorité indépendante dans l’architecture institutionnelle de la Ve République.

La souveraineté : Iboga, tenue africaine et diplomatie

Dans le même esprit de souveraineté, l’Iboga est déclaré patrimoine stratégique national. Le texte encadre son accès, son exploitation, sa transformation, sa commercialisation, son exportation et les savoirs traditionnels associés. Il prévoit une autorisation préalable, un mécanisme de partage des avantages avec les communautés détentrices des savoirs, l’encadrement des brevets et la création d’un Fonds souverain de l’Iboga.

Autre mesure identitaire : le port de la tenue africaine devient obligatoire chaque vendredi dans l’administration publique, sauf pour les forces de défense et de sécurité et les corps soumis à des tenues réglementaires. Sur le plan diplomatique, le Conseil a aussi examiné des textes relatifs à la convention fiscale avec la Türkiye, à l’accord de coopération militaire avec la Serbie, au serment des ambassadeurs et à la création du Centre international des mangroves.

Mesure de souveraineté Nature Portée
Iboga Décret Protection d’un patrimoine stratégique national
Tenue africaine le vendredi Décret Affirmation culturelle dans l’administration
Serment des ambassadeurs Projet de loi Responsabilité éthique des représentants du Gabon
Centre international des mangroves Projet de loi Coopération environnementale

Les décisions complémentaires : travail, territoires, CAMES et diplomatie

Plusieurs décisions complémentaires ont été actées. Le Conseil a approuvé la résiliation de l’accord avec Intershipping Services LLC sur le Registre international des navires, en raison de manquements contractuels. Il a donné son accord à deux demandes d’agrément diplomatique, soutenu des candidatures internationales et pris acte de la décision de ne présenter aucun candidat gabonais au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Le Conseil a aussi pris note des premières élections professionnelles tenues le 28 avril 2026 et validé l’organisation de la 140e Fête internationale du Travail. Sur le volet territorial, le gouvernement a présenté les investissements du PUDC et du PUDG, pour un total annoncé de 156 milliards de francs CFA. Enfin, Libreville accueillera la 43e session du Conseil des ministres du CAMES, tandis que sept nominations ont été entérinées dans l’appareil diplomatique gabonais.

Décision ou communication Contenu
Registre international des navires Résiliation de l’accord avec Intershipping Services LLC
Dialogue social Premières élections professionnelles et Fête internationale du Travail
Territorialisation PUDC et PUDG, pour 156 milliards de francs CFA annoncés
CAMES Organisation à Libreville de la 43e session ministérielle
Diplomatie gabonaise 7 nominations entérinées

L’enjeu : rendre les résultats visibles

Au total, ce Conseil installe une ligne claire : l’an 2 d’Oligui Nguema sera jugé non plus sur les intentions de rupture, mais sur l’exécution, la discipline administrative et les résultats visibles pour les Gabonais. Les 16 grandes mesures examinées forment une feuille de route où se croisent infrastructures, dette, souveraineté, planification, décentralisation, diplomatie et gouvernance publique.

Le message politique est limpide : après l’année de la refondation, le gouvernement entre dans celle de la preuve. Les ministres sont désormais attendus sur leur capacité à transformer les textes en résultats, les orientations en services publics efficaces et les projets en améliorations concrètes du quotidien.

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