Gabon : L’aile Ndong Obiang de REAGIR acte sa fusion-absorption par l’ogre présidentiel UDB
L’avenir du parti politique Réappropriation du Gabon, de son indépendance, pour sa reconstruction (RÉAGIR) vient d’acter sa disparition volontaire, du moins pour l’une de ses factions. Ce samedi 28 mars à Libreville, au cours d’un congrès extraordinaire, l’aile dirigée par l’actuel ministre de la Réforme des institutions, François Ndong Obiang, a officiellement décidé de fondre le mouvement au sein de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), la formation politique dirigé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, chef du gouvernement gabonais.
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Cette résolution intervient dans un climat de profonde division interne. Depuis plusieurs mois, deux camps se disputent âprement la paternité et la légitimité juridique de ce parti de l’opposition à Ali Bongo. En dépit de cette fronde intestine, les partisans du ministre ont tenu à avancer leurs pions sous le thème évocateur : « ensemble, clarifions pour nous décider » . À l’issue des travaux en commission, les congressistes ont validé par acclamation la recommandation donnant mandat au bureau exécutif de sceller cet accord de fusion-absorption.
Une démarche défendue comme une nécessité politique
Devant ses militants, François Ndong Obiang a tenu à balayer d’un revers de la main les accusations de calculs politiciens liées à son positionnement au sein de l’appareil d’État après plusieurs revers juridiques avec l’aile de son rival Michel Ongoundou Loundah. « Il est crucial de souligner que cette fusion ne résulte pas d’un opportunisme ou d’un simplisme politique. Elle découle au contraire d’une convergence profonde d’idées, d’un parcours commun et d’une responsabilité citoyenne », a-t-il fermement argué devant l’assistance.
Un visuel annonçant le congrès d’hier
Pour le membre du gouvernement, cette démarche constitue plutôt la suite logique de la vision partagée avec les nouvelles autorités du pays. Il s’agit, selon ses termes, d’une démarche vitale pour accompagner le sommet de l’État. « Elle est la conséquence logique de cette vision partagée, de cette volonté commune de voir notre pays se révéler, de faire face aux défis de la reconstruction dans la discipline, la cohérence et la fidélité de nos idéaux », a-t-il ajouté pour rassurer sa base.
L’impact de la récente réforme du système partisan
Au-delà des convictions idéologiques, le président de cette faction de Réagir justifie cette décision qu’il qualifie de « souveraine » par les récentes mutations de l’environnement institutionnel gabonais. La réforme du système politique, initiée pour renforcer la stabilité et la responsabilité des partis, impose selon lui une nouvelle donne sur l’échiquier national. « Il ne s’agit pas d’un simple ajustement tactique, mais d’une adaptation nécessaire pour continuer à agir efficacement dans un cadre institutionnel en évolution », a-t-il précisé.
En qualifiant ce choix de fusion-absorption d’acte dicté par « la sagesse conforme à la nouvelle dynamique politique », l’actuel ministre acte ainsi la dissolution de sa branche au profit du parti présidentiel. Reste désormais à savoir quelles seront les prochaines actions du camp adverse, qui revendique toujours la direction originelle du parti, face à cette absorption unilatérale qui redessine le paysage politique national.
@info241.com
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